Ce
document, qui devait être initialement publié le 14 octobre, porte
principalement sur des soupçons d’influence de la sulfureuse famille d’hommes
d’affaires indienne - les Gupta - sur le président sud-africain, au point de
lui imposer la nomination de certains ministres pour favoriser leurs intérêts,
ou d'user de leur influence pour décrocher des contrats gouvernementaux.
Bien
que le président ait reconnu être proche de la famille Gupta, Jacob Zuma a
toujours nié toute influence de leur part dans ses décisions
politiques. Dans ce document de 355 pages intitulé « La Prise de
contrôle de l’État », la médiatrice de la République Thuli Madonsela,
chargée du bon usage des derniers publics, « porte à l’attention du
parquet » et de l’unité d’élite de la police « les problèmes
identifiés dans ce rapport où il semble que des crimes ont été commis ».
Interrogations sur l’ex-ministre des Finances
La
désormais ancienne médiatrice – le mandat de Thuli Madonsela a expiré
mi-octobre – juge notamment inquiétant que le député David Van Rooyen se soit rendu à sept reprises chez les Gupta, y compris la
veille de sa nomination surprise au ministère des Finances en décembre dernier.
« Cela semble anormal compte tenu du fait qu’il était (simplement) membre
du Parlement », souligne-t-elle notamment.
Pour
rappel, la nomination de Van Rooyen (sans expérience ministérielle) avait
provoqué la panique des marchés, plombé la devise nationale, et finalement
contraint le président Zuma à faire marche-arrière. Au bout de quatre jours
seulement, l’ex-ministre Pravin Gordhan, très apprécié par les marchés, avait
été rappelé à ce poste.
Volte-face inattendue de Jacob Zuma
Pendant
ses sept ans de mandat, Thuli Madonsela s’est illustrée par sa détermination à
lutter contre la corruption au sommet de l’État et est devenue la bête noire du
président Zuma. Ce dernier – qui accumule les scandales depuis sa prise de
fonction en 2009 – avait tenté de bloquer, via les tribunaux, la publication de
ce rapport. Puis, dans une volte-face inattendue ce mercredi, il a renoncé à son
recours devant la justice pour empêcher la publication du rapport.
Dans
la foulée, la Haute Cour de Pretoria, qui était saisie de l’affaire, a ordonné
la publication immédiate du document, une décision à laquelle s’est soumis le
bureau de la médiatrice.
Déclaration de l’ANC
attendue jeudi
De
son côté, le Congrès national africain (ANC) a annoncé qu’il examinait le
rapport de la médiatrice sur l’influence qu’auraient exercée les trois hommes
d’affaires de la famille Gupta dans la désignation de certains ministres. Le
parti au pouvoir a précisé qu’il fera connaître jeudi sa position dans cette
affaire.
Source :
jeuneafrique

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