Le chef de l'Etat nigérien
sortant Mahamadou Issoufou n'a réussi son pari d'être réélu dès le premier tour
de la présidentielle et devra affronter l'opposant Hama Amadou, emprisonné dans
le cadre d'une affaire controversée de trafic d'enfants, lors d'un second tour
inédit le 20 mars.
Le
président Issoufou, 63 ans, qui briguait un deuxième quinquennat et avait promis
une victoire par "KO", a obtenu 48,41% des suffrages, selon les
résultats annoncés vendredi par la Commission électorale nationale indépendante
(Céni) vendredi.
Sa
coalition remporte en outre la majorité absolue à l'Assemblée nationale (171
députés) avec plus de 90 députés dont 75 de son parti.
Hama
Amadou, ancien Premier ministre passé à l'opposition et incarcéré depuis
novembre 2015 dans un dossier de "droit commun" selon les autorités
et "politique" selon l'opposition, est arrivé deuxième avec 17,41%
des voix devant les deux autres principaux opposants: l'ancien Premier ministre
Seini Oumarou (12,11%) et l'ex-président Mahamane Ousmane (6,25%).
Le
taux de participation a été de 66,75% avec 4,8 millions de suffrages exprimés
sur 7,5 millions d'électeurs inscrits.
Quinze
candidats étaient en lice pour présider ce pays de 18 millions d'habitants
parmi les plus pauvres de la planète et vivant sous la menace des groupes
jihadistes sahéliens et des islamistes nigérians de Boko Haram.
"Je
m'étais fixé pour objectif de gagner dès le 1er tour mais Dieu a décidé
autrement. Le choix de Dieu est toujours le meilleur (...) les résultats que
j'ai obtenus sont impressionnants et sans précédent (...) Une vague rose
(couleur de son parti) a couvert toutes les régions du pays", a déclaré le
président Issoufou au palais présidentiel, soulignant que "le peuple avait
rendu son arbitrage dans le calme et en toute transparence".
- Le lion contre le Phenix -
- Le lion contre le Phenix -
Surnommé
"le Lion", M. Issoufou a demandé à ses militants d'aborder "le
2e tour avec sérénité et détermination. Ensemble, nous transformerons
l'essai".
Du
côté de l'opposition, M. Amadou devra obtenir d'importants reports de voix pour
pouvoir l'emporter même si les principaux opposants ont signé un pacte
prévoyant que les perdants s'uniraient derrière le mieux placé.
La
proclamation des résultats a donné lieu à des scènes de liesse dans un des
sièges de l'opposition où des militants ont crié: "On a gagné. Le régime
va tomber au 2e tour", selon les images d'une télévision locale.
En
outre, l'opposition s'est dite "satisfaite" car "ce n'était pas
acquis d'aller au 2e tour", a affirmé à l'AFP Amadou Boubacar Cissé,
porte-parole de la coalition de l'opposition COPA 2016.
"Nous
espérons remporter le 2ème tour. L'addition (report des voix) n'est pas
arithmétique. Il y a eu beaucoup de fraude. Qu'est ce qu'il (Issoufou) a eu
comme voix en réalité? Nous sommes convaincus d'avoir la majorité et nous
allons nous organiser", a-t-il conclu. L'opposition a accusé le pouvoir
"de bourrage d'urnes", et se réservait le droit de rejeter le
résultat.
Pendant
la campagne, elle a accusé le pouvoir de mauvaise gouvernance et de ne pas
avoir enrayé la pauvreté dans ce pays classé parmi les derniers de la planète à
l'indice de développement humain.
"Si
on était sous d'autres tropiques, on aurait triché pour avoir les quelques voix
qui nous manquent, comme nous en accusait l'opposition", confie avec
ironie un conseiller de M. Issoufou.
167.000
voix ont manqué à M. Issoufou pour être réélu. "C'est la démocratie. Nous
étions proches de l'objectif, c'est la preuve de la qualité du travail
réalisé", a déclaré de son côté Mohamed Bazoum, ministre d'Etat sans
portefeuille, un des hommes clé d'Issoufou.
M.
Issoufou n'a eu de cesse de répéter au cours de sa campagne qu'il avait tenu
ses promesses de 2011, assurant avoir construit des infrastructures, garanti la
sécurité du pays et lutté contre la pauvreté.
"La
vérité c'est que nous sommes en ballotage extrêmement favorable", a
souligné le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou.
Le
deuxième tour opposera donc "le Lion" au "Phénix", le
surnom de Hama Amadou. Incarcéré à son retour d'exil à la mi-novembre, il n'a
pas pu s'adresser publiquement à ses partisans. Il devrait en être de même
jusqu'au 2e tour.
"Le
Phénix", 66 ans, habitué à renaitre de ses cendres, a promis qu'il
passerait de la "prison à la présidence".
Source : AFP







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