SHANGHAI, 9 novembre
2018. "Nous avons aujourd'hui (...) une jeunesse qui est instruite,
éveillée et qui aspire au même bien-être à Shanghai, à Paris ou à New
York", a indiqué Alioune Sarr, le ministre sénégalais du Commerce, de la
Consommation, du Secteur informel et des PME, dans un entretien accordé à
Xinhua en marge de l'Exposition internationale des importations de la Chine
(CIIE) à Shanghai.
"De ce point de vue,
on ne peut construire que des relations inscrites dans la justice et l'équité.
Nous sommes très heureux de voir que nos partenaires chinois sont dans cette
dynamique", a poursuivi M. Sarr, à la tête d'une délégation de 30
entreprises sénégalaises.
La principale, la SONACOS,
vend des produits industriels d'huile d'arachide. D'autres producteurs
agricoles et TPME proposent du sésame, d'autres oléagineuses et des huiles
essentielles, dans l'idée d'exploiter le "potentiel immense du marché
chinois pour les entreprises africaines en général et sénégalaises en
particulier".
"Dans les cinq
prochaines années, d'après les estimations, (la Chine) va importer pour 10.000
milliards de dollars. Il est important de se positionner sur ce marché qui
offre un potentiel immense pour offrir des produits et prestations de services
associés. Les entreprises présentes ici vont saisir ces opportunités", a
indiqué M. Sarr. Le ministre s'est à cet égard dit "rassuré" par
"l'engouement du secteur privé chinois pour le Sénégal et les entreprises
sénégalaises".
Commentant les relations
commerciales entre Beijing et Dakar, le ministre les a qualifiées de
"fortes", rappelant que "plus de 600 millions de dollars"
avaient été échangés entre les deux pays en 2017.
Quant aux relations
diplomatiques, M. Sarr les juge "exceptionnelles", comme en atteste
le partenariat stratégique global conclu entre les deux pays et le partage de
la présidence du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) entre le
président chinois Xi Jinping et le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall. Des
visites respectives des deux dirigeants ont eu lieu en juillet dernier à Dakar
et en septembre à Beijing, a-t-il rappelé.
Ces excellentes relations
se matérialisent également dans le domaine des infrastructures.
"Aujourd'hui, le plus grand projet réalisé au Sénégal est le projet
autoroutier Ila Touba, de plus de 800 millions de dollars, réalisé grâce à la
coopération chinoise", a-t-il rappelé.
"Dans le domaine
industriel, nous avons construit un parc (...) où une entreprise (de textile)
chinoise, CNH, est déjà installée, produit et exporte sur le marché européen et
le marché américain, ce qui va augmenter les échanges du Sénégal avec le reste
du monde", s'est félicité Alioune Sarr.
Le ministre a par ailleurs
salué le "message d'ouverture (...) adressé au monde" par le
président Xi Jinping en ouverture de la CIIE : "Ce message (...) est
marquant dans un contexte mondial où l'on a tendance à basculer vers le
protectionnisme, alors que le monde n'a jamais aussi bien fonctionné que
lorsqu'il est ouvert, qu'il y a des échanges, que les grands et les petits
peuvent échanger de manière égalitaire. Sinon, c'est la loi du plus fort, et la
loi du plus fort n'avantage jamais les petits pays comme les nôtres",
a-t-il estimé.
Cette ouverture vers le
monde est pour M. Sarr "inscrite dans l'ADN du Sénégal", au côté de
"l'intégration continentale". Il juge à cet égard "très
importante" l'Initiative "la Ceinture et la Route" (ICR)
"qui permet de désenclaver mais aussi d'améliorer les échanges entre les
pays".
"Le Sénégal a toujours
rêvé d'une autoroute continentale qui irait du Cap jusqu'au Caire et de
Djibouti à Dakar", a-t-il déclaré, rappelant par ailleurs que 49 pays
africains avaient signé le 21 mars dernier à Kigali un accord de libre-échange
continental qui entrera en vigueur en 2019.
Source : Xinhua







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