« L’état du continent est
satisfaisant. Les performances économiques globales de l’Afrique continuent de
s’améliorer, mais pas assez toutefois pour lui permettre d’affronter ses défis
structurels », A. Adesina.
Cinq mesures de politique commerciale
pourraient faire gagner à l’Afrique 4,5 % de son PIB, soit 134 milliards
$/an.
Abidjan, Côte d’Ivoire, le 18 janvier 2019 – Les performances économiques générales de
l’Afrique continuent de se redresser et la croissance du PIB devrait même
atteindre 4,0 % en 2019 puis 4,1 % en 2020. Mais pour que les
résultats macroéconomiques et la situation de l’emploi s’améliorent, il faut
que l’industrie se mue en moteur de croissance, selon le rapport Perspectives économiques en
Afrique 2019 lancé ce 17 janvier, par la Banque africaine de développement.
Publié chaque année depuis 2003, ce
rapport phare de la Banque africaine de développement présente des données clés
sur la performance et les perspectives économiques de l’Afrique.
Cette édition 2019, qui met l’accent
sur la façon dont l’intégration régionale contribue à la prospérité économique
de l’Afrique, souligne l’importance de l’intégration en matière de coopération
commerciale et économique et de fourniture de biens publics régionaux.
Dans son allocution d’ouverture à
l’adresse des diplomates, des fonctionnaires, des décideurs politiques et des
étudiants réunis dans l’auditorium Babacar Ndiaye du siège de la Banque à
Abidjan, en Côte d’Ivoire, le vice-président principal Charles Boamah a déclaré
que, si le rapport fait état de défis colossaux, « l’Afrique a les moyens d’en
venir à bout en unissant ses efforts et en supprimant les obstacles à
l’intégration et les facteurs de migration ».
Parmi les intervenants conviés au lancement du rapport,
figuraient Kanny Diallo, la ministre de la Planification et de la Coopération
internationale de la République de Guinée, et Alma Oumarou, ministre et
conseiller spécial du président du Niger Mahamadou Issoufou,
« champion » de l’Union africaine pour l’intégration régionale.
Le rapport Perspectives économiques en
Afrique 2019 procède à l’analyse des progrès en termes de biens publics régionaux,
notamment en matière d’harmonisation des cadres de gouvernance financière,
d’ouverture du secteur aérien régional à la concurrence, et de facilitation de
la libre circulation des personnes, des biens et des services à travers des
frontières ouvertes.
Quelques faits saillants :
L’édition 2019 du rapport est axée
sur trois domaines : les performances et les perspectives macroéconomiques
de l’Afrique ; l’emploi, la croissance et le dynamisme des entreprises ; et les
mesures d’intégration en faveur de la prospérité économique de l’Afrique.
Présentant les grandes lignes du
rapport, Hanan Morsy, la directrice du Département de la prévision, des
politiques macroéconomiques et de la recherche de la Banque, a tenu à souligner
que, même s’il y a une hausse de la dette publique en Afrique, « il n’existe
aucun risque systémique de crise de la dette ».
Au vu de la croissance de sa population active
aujourd’hui, l’Afrique doit créer quelque 12 millions d’emplois nouveaux chaque
année pour éviter que le chômage n’augmente. Ce « qui implique un effort
d’industrialisation concerté s’appuyant sur l’avantage comparatif des
pays », souligne le rapport.
« La croissance entraînée par le
secteur manufacturier est celle qui a les plus fortes répercussions sur la
création d’emplois », a indiqué Mme Morsy.
Au cœur même de l’intégration africaine, « une Afrique
sans frontières constitue le fondement d’un marché continental compétitif et
susceptible de devenir un centre d’affaires mondial », relève Perspectives
économiques en Afrique 2019.
Ainsi est-il fait mention de l’Accord
de libre-échange continental (ALEC) signé en mars 2018 par 44 pays africains,
qui offre des possibilités d’avancées substantielles à tous les pays du
continent.
« Pour développer les chaînes d’approvisionnement
transfrontalières, il est indispensable d’améliorer la gestion douanière et
d’adopter des règles d’origine simples et transparentes », est-il également
noté.
Concrètement, le rapport identifie
cinq mesures en matière de politique commerciale, qui pourraient faire gagner à
l’Afrique 4,5 % de son PIB, soit 134 milliards de dollars par an :
·
éliminer tous les tarifs bilatéraux appliqués en Afrique ;
·
maintenir des règles d’origine simples, souples et transparentes ;
·
lever toutes les barrières non tarifaires portant sur la circulation des
biens et des services ;
·
mettre en œuvre l’Accord sur la facilitation du commerce de l’Organisation
mondiale du commerce, afin de réduire le temps de transit des marchandises lors
du passage des frontières et le coût des transactions liées aux mesures non
tarifaires ;
·
négocier avec les autres pays en développement pour réduire de 50 %
leurs barrières tarifaires comme non tarifaires.
Le rapport Perspectives économiques en
Afrique 2019 comble un déficit important en matière de connaissance
des économies africaines, grâce à ses analyses systématiques, rigoureuses et
comparatives.
Riche d’éléments de référence des
plus utiles sur le développement économique de l’Afrique, Perspectives économiques en Afrique est une
publication appréciée des chercheurs, des investisseurs, des organisations de
la société civile et des partenaires au développement.
Un ensemble complet de projections de
croissance mises à jour sera publié en mai 2019, avant les Assemblées annuelles
de la Banque prévues à Malabo, en Guinée équatoriale.
Le rapport complet est disponible en
ligne, en anglais, en français et en portugais : http://www.afdb.org/aeo







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