Les cas d’évasion de suspects et de
prisonniers dans les commissariats, les maisons d’arrêts à Conakry et à
l’intérieur du pays sont devenus récurrents. Les 3 dernières années en disent
long sur ce phénomène : le 7 septembre 2016 à Pita, 13 prisonniers se sont
évadés de la prison, le 9 novembre 2015, près de 1600 détenus à la Maison
Centrale de Conakry avaient pris d’assaut l’enceinte du milieu pour tenter de
s’évader et enfin le 6 août 2014, une dizaine de prisonniers s’est évadé à
Kankan.
Selon nos informations, ces
multiples tentatives d’évasion s’expliquent par la complicité de certains
agents en uniformes au niveau des commissariats de police du pays mais aussi
par la corruption grandissante qui règne au niveau de l’administration
pénitentiaire.
Pour mettre un terme à cette
pratique rétrograde qui affaiblie le système pénitencier en jetant du discrédit
sur toute la JusticeGuinéenne ayant comme conséquence la recrudescence de la
vindicte populaire, le TPI de Mamou tente de lever son bouclier.
Dans son délibéré du mardi 04
juillet 2017, le juge a reconnu coupable Alassane Bangoura en service au
commissariat central de la police de Dalaba, du délit de complicité d’évasion
d’un présumé trafiquant de trophées d’animaux sauvages intégralement protégés.
Sur l’action publique, le tribunal
condamne le prévenu à 6 mois d’emprisonnement dont 2 mois ferme et 4 mois
assortis de sursis. Au titre de l’action civile, le tribunal a reçu le Cabinet
SCPA (Société Civile de Professionnels d’Avocats) Mounir et Amara installé à
Conakry en sa constitution de partie civile représentant le Ministère de
l’Environnement des Eaux et Forêts au compte de l’Etat, condamne Allassane
Bangoura au paiement de 5.000.000 GNF comme dommages et intérêts.
Interrogé à propos, le commissaire
central de Dalaba M. Sékou Samoura se dit félicité de la décision tout en
déplorant les conditions précaires dans lesquelles son service est plongé : «
Nous nous félicitons de la décision.
Car dans notre rôle régalien qui est
celui de garantir la liberté des citoyens, protéger les personnes et de leurs
biens, défendre les institutions de la République, nous avons des
responsabilités à assumer. Toute personne présumée être auteure de quoi que ce
soit doit répondre devant la justice.
Donc, comme je vous l’avais dit que personne n’est au-dessus de la loi, cette décision va être servie comme exemple parmi tant d’autres pour discipliner nos hommes comme nous le faisons chaque matin. Tout de même, nous somme devant une vétusté d’infrastructure et du manque criard du personnel qui nous posent tant d’embuches dans l’atteinte de nos objectifs. Ce que nous remontons comme préoccupation à nos hiérarchies dans les différents rapports ».
Donc, comme je vous l’avais dit que personne n’est au-dessus de la loi, cette décision va être servie comme exemple parmi tant d’autres pour discipliner nos hommes comme nous le faisons chaque matin. Tout de même, nous somme devant une vétusté d’infrastructure et du manque criard du personnel qui nous posent tant d’embuches dans l’atteinte de nos objectifs. Ce que nous remontons comme préoccupation à nos hiérarchies dans les différents rapports ».
Le colonel Namory Kéita, Directeur
National des Eaux et Forêts a vivement accueilli la décision : « Par rapport à
la décision de justice rendue, je me dis que c’est une bonne chose. Nous sommes
très réconfortés à travers des actes pareils.
La Guinée a ratifiée des Conventions
dans le cadre de la conservation de la faune et de la flore avec la CITES
(convention internationale sur le commerce de la faune et de la flore menacée
d’extinction). Donc, la lutte contre la criminalité faunique fait partiedes
prérogatives de la Direction Nationales à travers ses structures déconcentrées
qui doivent être impliquées pour faciliter les choses. ».
En rappel, la Guinée a été reconnue
comme une plaque tournante de la criminalité faunique en Afrique de l’Ouest
cautionnant par la suite sa suspension auprès de la ConventionCITES en mars
2013. Une suspension qui perdure encore malgré quelques avancées enregistrées
ces 4 dernières années par le Gouvernement et les partenaires grâce à l’ONG
GALF (Guinée Application de la Loi Faunique).
Ainsi, cette décision du tribunal de
première instance de Mamou sanctionnant le disfonctionnement de nos services
pénitentiaires tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays est une avancée
significative en matière du respect de la procédure judiciaire une fois
déclenchée.
Chez les défenseurs de
l’Environnement, on constate une bouffée d’oxygène quant à la volonté des
autorités judiciaires pour juger et condamner toute personne qui serait tenté
de mettre à nue les efforts du Département dans la lutte contre la criminalité
faunique en Guinée enclenchée ces 5 dernières années. Toutes les fois, les yeux
restés rivés vers les services de sécurités de Dalaba pour retrouver le fugitif
Mamadou Tounkara.
Il faut rappeler que le trafic
d’espèces est un crime transnational. Il représente le 5ème crime
mondial, amassant plus de 20 milliards de dollars chaque année.
Fatou Kourouma







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