Lauréat 2017
du Prix mondial de l’alimentation Akinwumi Adesina a lancé cet appel entouré
d’acteurs de premier plan dans le domaine de la nutrition – experts, représentants du secteur privé,
dirigeants politiques et leaders d’opinion –, en marge du Symposium du
dialogue de Borlaug du Prix mondial de l’alimentation mondiale 2017, à Des Moines, dans l’Iowa, aux États-Unis, mercredi 18
octobre 2017. Tous étaient réunis pour prôner une responsabilisation mutuelle
en matière de leadership, de gouvernance et d’investissements en faveur de la
nutrition.
C’était lors
d’une session de
haut niveau sur la nutrition qu’organisaient
la Banque africaine de développement et le Panel mondial
sur l’agriculture et les systèmes alimentaires pour la nutrition.
Cet appel du
président Adesina s’inscrit dans la droite ligne des Cinq grandes priorités de
développement de la BAD – consacrées sous le nom de High 5 –,
notamment celle qui vise à améliorer la
qualité de vie des Africains.
Cet
objectif de régimes alimentaires sains et de grande qualité répond également à l’objectif
n° 2 des Objectifs de
développement durable de l’ONU qui vise à « éliminer la faim, assurer la
sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture
durable ».
Auparavant,
Akinwumi Adesina avait participé à une séance plénière dédiée au lancement du
rapport sur les politiques produit par le Panel mondial et intitulé Urban diets and nutrition: Trends, challenges, and
opportunities for policy action (« Régimes
alimentaires et nutrition en milieu urbain : tendances, enjeux et
opportunités pour une action politique » NDLR ), lors duquel il a mis en relief
le problème majeur que constituent de mauvaises habitudes alimentaires.
« La mauvaise
alimentation est devenue la première cause de décès dans la monde, a-t-il
prévenu. Il est donc grand temps de s’attaquer au problème sérieusement et avec
détermination ».
Le président
de la BAD a souligné combien la malnutrition est aujourd’hui devenue
un “triple fardeau” pour les pays à revenus faible et intermédiaire, chez
qui la sous-nutrition et les carences en micronutriments s’accompagnent
d’obésité et de différentes maladies liées au régime alimentaire.
« Force est
de constater que les aliments malsains représentent aujourd’hui le plus grand
danger pour la santé des citadins », a-t-il souligné. « L’alimentation en
milieu urbain est riche en valeur énergétique, mais pauvre en nutriments.
L’évolution des zones urbaines aggrave la malnutrition. Nous devons remédier
aux problèmes que pose l’expansion rapide des bidonvilles dans le monde,
particulièrement en Afrique ».
Le rapport du
Panel mondial souligne les points importants auxquels il faut prêter attention
s’agissant des liens entre urbanisation et malnutrition.
« Avant toute
chose, nous avons besoin de réglementations plus strictes sur les marchés
alimentaires en milieu urbain, en particulier pour les marchés alimentaires
informels », a déclaré Akinwumi Adesina. « Deuxièmement, pour alléger la
pression sur les circuits alimentaires urbains, les politiques devraient servir
à encourager une agriculture péri-urbaine plus durable, notamment pour les
fruits et légumes et les différentes récoltes riches en nutriments.
Troisièmement, de
meilleures politiques sont nécessaires pour relier les réseaux alimentaires
ruraux et urbains, accompagnées d’investissements plus importants dans les
infrastructures, la logistique des transports, le stockage et les marchés, afin
d’assurer un approvisionnement régulier des villes et des localités moyennes
».
« Pour
réduire l’obésité croissante, les zones urbaines doivent investir dans une meilleure
éducation à la santé et à la nutrition, encourager l’activité physique et taxer
les boissons sucrées », a-t-il ajouté.
Le rapport
sur les politiques du Global Panel, qui décrit les difficultés à assurer une
alimentation saine en milieu urbain, formule huit recommandations basées sur
des données concrètes.
« La crise
alimentaire en milieu urbain est devenue une menace que l’on ne peut plus
ignorer », a renchéri Agnès Kalibata, qui préside l’Alliance pour une
révolution verte en Afrique (AGRA).
Tom Arnold,
ex-directeur général de l’Institut des affaires internationales et européennes
(IIEA), Emmy Simmons, conseillère principale pour les projets en sécurité
alimentaire au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), et
Vimlendra Sharan, directrice du Bureau de liaison pour l’Amérique du Nord de
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO),
ont souligné d’une même voix l’urgence d’engager des mesures décisives pour
réduire la crise de la malnutrition en milieu urbain.
« Les
décideurs au niveau local ont un rôle de premier plan à jouer pour promouvoir
une alimentation et une nutrition de meilleure qualité, ont souligné les
membres du Panel international. Ce qui nécessite tout à la fois qu’ils soient
mandatés et que leur soient donnés les moyens d’agir ».
Le Panel mondial
sur l’agriculture et les systèmes alimentaires pour la nutrition est un groupe indépendant composé de spécialistes
et de leaders influents, qui occupent ou ont occupé de hautes fonctions, et qui
font preuve d’un fort engagement personnel pour améliorer la nutrition.
Officiellement créé en août 2013 lors du sommet « Nutrition pour la
croissance » à Londres, le Panel est cofinancé par la Fondation Bill et Melinda
Gates et le ministère britannique pour le développement international.
Plus
d’informations sur le Prix mondial de l’alimentation/Dialogue de Borlaug :
Contacts médias : Chawki Chahed, Chargé de communication principal - Tél. : +225 75 75 04 58 ; c.chahed@afdb.org .
Emeka Anuforo, Chargé de communication, e.anuforo@afdb.org







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