Notre reporter a été
reçu par la Directrice Générale de l’Agence Guinéenne de spectacles, Sayon
Bamba. Les enjeux liés à la culture guinéenne, aux spectacles, le rapport
entre l’agence et les promoteurs culturels
guinéens, les mesures adéquates pour sécuriser les spectacles en Guinée et
autres ont été évoqués lors de cet entretien. Lisez l’intégralité de cette
interview…..
L’indexeur: Bonjour
madame, dites-nous depuis votre arrivée, qu’est-ce qui a été fait par votre
équipe ?
Sayon Bamba : Depuis notre arrivée à
la tête de cette direction, nous avons trouvé une certaine présence physique
des travailleurs, un certain nombre de dossiers à traiter, un savoir-faire
aussi qui était en place. Même, il fallait réactualiser cette approche de
spectacle vivant, la rajuster pour qu’il soit le plus efficace possible dans le
contexte guinéen. Donc, nous avons visité beaucoup de documents, prendre des
exemples dans les autres pays.
Donc, nous avons fait un
mixte entre ce qui est bon en Guinée et le faire compléter par ce qui est bon
dans les autres pays à travers le monde. Nous avons rajusté le cadre
règlementaire de l’Agence guinéenne de spectacle et nous collaborons avec
beaucoup de personnes. L’Agence en ce moment a aussi un accord intéressant sur
le côté promotionnel des artistes guinéens.
Par ce qu’on a des
missions de règlementer qui était une charge très lourde. Mais aussi la mission
de promouvoir des artistes qui sont dans une attente, qui ont envie que leurs
spectacles voyage à travers le monde. Notre ministère a été très clair, le
ministre actuel de la culture Gbantama SOW aimerait des résultats, vous savez
il est très dynamique sur le terrain, donc il nous exhorte à plus d’efficacité
et d’attention sur le côté promotionnel des artistes.
Il soutient d’ailleurs un
projet de l’Agence Guinéen de Spectacle qui va être lancé bientôt sur la Télé
vox Africa. Qu’à même, c’est beaucoup d’avancé. Nous allons donc à partir du
mois de février 2018, être à l’antenne pour faire des brayes ou nos
artistes vont pouvoir vendre leur image et justement montrer de quoi ils sont
capables, afin de créer l’émulation et la demande.
Beaucoup d’efforts ont
été consentis, mais la culture reste toujours parents pauvres des autres,
qu’est-ce qu’explique cela ?
Bien vrai, nous disons
que la culture est un parent pauvre, nous essayons tant bien que mal de
remonter cette pente .Cette culture guinéenne a des acquis aujourd’hui, on est
en train de voir cela. Le Président de la République Alpha Condé a donné un
certain montant pour l’assurance vie pour tous les artistes, qui seraient
enregistrés ou qui viendraient solliciter ce geste. C’est-à-dire au-delà de
demander de l’aide à chaque fois qu’on a de problèmes.
Il était important pour
le Président de la république et les responsables du département de la culture
de donner un confort à ces artistes. Par ce qu’un artiste qui ne peut pas se
soigner, est un artiste à moins que nous comptons. Donc par rapport à cela,
l’Agence fait aussi sa petite part
l faut savoir aussi que
chacun fasse sa dense, mais toutes ses denses isolées vont dans une même fosse
commune par ce que c’est la même dynamique de relever le niveau des spectacles
vivants, de la culture et sport en tout cas, il faut qu’il y ait de l’émulation
dans ce secteur pour les artistes guinéens. Ce parent pauvre devrait être le
parent le plus riche par ce que c’est une valeur sûre pour le progrès et le
développement de ce pays.
Il n’y a pas mal de
promoteurs culturels en Guinée, quel rapport vous lie?
Il y’a très bon rapport
qui nous lie, nous sommes là pour réglementer mais les promoteurs n’aiment
pas forcement la réglementation. Vous savez qui dit réglementation, dit
certaines obligations, ayant l’expérience des Hommes dans cette profession.
Ce qui est important,
c’est de garder le cap, de rester exigent par rapport au cadre réglementaire
pour organiser des spectacles. Par ce que quand on organise un spectacle, on
est responsable de la vie des artistes qui jouent, des investissements du
propriétaire du lieu, on est doublement responsable de la vie du public, par ce
qu’il n’a rien demandé, si ce n’est que de passer un bon moment.
Pour que tous ces
facteurs soient menés à bien, il est important de rester carrer et serein, pas
méchant par ce qu’on est là pour les aider à organiser des spectacles. Le but
de l’Agence guinéenne de spectacle n’est pas d’empêcher les événements d’avoir
lieu, c’est de faire en sorte qu’il y ait des spectacles qui se passent dans
des bonnes conditions.
Alors, ce n’est pas
toujours compris par certains promoteurs, mais beaucoup l’ont compris et ils se
conforment au cahier charge sécuritaire que nous avons mis en place. Je vais
toucher du doigt, sauf par surprise mais le risque zéro n’existe pas dans
l’organisation d’un spectacle.
Pour l’instant ça se
passe bien, nous arrivons à des grands spectacles qui sont prévus, des plateaux
télés. Toutes les dispositions sécuritaires sont prises pour ces spectacles là
et nous ne n’égalisons aucun détail.
Mes agents vont assister
aux réunions de sécurité, ils ont le cahier de charge .Au début, c’est moi qui
allait par ce qu’il fallait qu’ils aient la formation et la méthodologie.
Maintenant qu’ils sont prêts, j’estime qu’ils peuvent assister à ces réunions
de sécurité sans problème et ils pourront me faire remonter.
Pour les récidivistes,
quelles sanctions faut- il prendre contre eux ?
Il y’a des sanctions, on
a la possibilité de suspendre ce promoteur-là, d’une année ou plusieurs,
des décisions peuvent aussi venir de mon département en fonction de la gravité
de la situation. A notre niveau, nous sanctionnons au niveau des spectacles
vivants.
Mais s’il y a
danger et que cela est prouvé par le pénal. Nous, on se limite dans le cadre de
notre compétence au niveau de l’organisation des spectacles. Si les choses ne
passent pas dans les bonnes conditions nous pouvons intervenir.
Quelles sont vos
difficultés depuis votre arrivé ?
Tout le monde rencontre
des difficultés dans toutes les branches administratives de la République de
Guinée. On est dans un pays où le jeune de la rue veut tout temps du changement
sans pourtant quitter les places publiques qu’ils occupent. Ils veulent que ça
change, mais eux ne veulent pas changer. Si c’est comme cela, c’est difficile.
On aime ou pas, il y a eu de renouveau en Guinée, de l’espoir.
Tout n’est pas encore
fait par ce que nous revenons de loin. Mais il y a eu de grande avancée qui est
en train de se faire. Il faut se dire la vérité que ce n’est pas facile, en
Guinée il y’a plusieurs cas, mais le cas qui intéresse, c’est le cas de ceux
qu’ils veulent que ça échoue.
Moi je me dis quand on
aime la Guinée, il faut soutenir des projets innovants qui donnent la vie à la
Guinée, qui fait avancer le pays. Quand on prendra le relais d’une chose on
peut grossir la chose.
Quelles valeurs,
avons-nous si nous héritons de quelque chose qui n’a aucune valeur c’est une
question à se poser. Donc, ce n’est pas facile tous les jours l’administration.
Mais, il y a des cadres qui se battent dans ce pays, tout n’est pas perdu, il
y’a encore de l’espoir dans ce pays.
Quels sont vos
perspectives pour l’année 2018 ?
Oui, je vous ai parlé de
notre projet innovant, nous avons envie de rajuster le texte de réglementation
de spectacles vivants pour avoir de nouvelle version 2018. Une fois que cela
est fait, c’est des acquis, mais nous ne devons pas oublier que ces promoteurs
investissent sur des artistes qui souvent ne tournent pas, donc il n’y a pas de
retour d’investissement.
Par rapport au spectacle
vivant qui est une animation, l’émulation dans le bon sens du terme, il est
important que l’Agence Guinéenne des spectacles prenne ses responsabilités pour
aider la promotion de nos artistes.
Pour cela, nous avons le
projet ‘’Guinée a avant tout’’ c’est un projet qui va promouvoir les artistes.
Les gens pensent que le spectacle vivant c’est de la musique au palais du
peuple ou des concerts c’est tout.
Mais le spectacle vivant
est beaucoup plus riche et diversifié .Il y a la musique, le théâtre, la dense,
art graphique, les projections, beaucoup de chose qui rentrent en ligne de
compte.
Pour cela, nous avons
mis en place un projet qui va d’identifier certains acteurs de cette branche et
même faire de reportage de 10 minutes. La grande chance, la Télé vox africa est
intéressée par ce projet .Avec l’aval de mon ministère nous sommes en train de
démarrer ce projet de grande envergure.
Le rôle d’un artiste
c’est éduqué, mais en Guinée, c’est le contraire, quelle sanction prendrez vous
contre ce type d’artistes?
C’est vrai qu’il y a des
artistes qui oublient leur mission. Pour cela, je ne sais pas ce que la
loi guinéenne a prévu dans ce sens. Nous, dans notre texte c’est très clair,
nous ne pouvons pas agir pendant qu’ils sont entrain de presser leurs CD. Ce
n’est pas de notre compétence. Ça relève de droit d’auteur. Nous ne pouvons
intervenir c’est quand, ils ont des propos déplacés sur scène.
L’Agence guinéenne ne
tolère pas, nous sanctionnons ce type d’artiste. Quand nous sanctionnons, les
gens vont dire que la directrice est aigris contre tel artiste par ce qu’il
marche plus que moi. Nous sommes responsables de l’image de ce pays. Nous ne
pouvons pas attiser la haine ou favoriser l’injustice ou encore casser ou
piller notre pays. C’est notre bien le plus précieux.
Moi, dans
l’exercice de mes fonctions de directrice, je me suis engagée à suivre la loi
par ce que tout simplement je suis assermentée pour pouvoir faire les choses
biens. Si, un artiste se retrouve à chanter de n’importe quoi en live, nos
agents qui sont en observation vont nous remonter l’information, nous
verbalisons l’artistes.
Si l’artiste est
récidiviste, on bloque le spectacle vivant de l’artiste jusqu’il comprenne que
l’expression scénique n’est pas un endroit de régler les comptes pour prendre
le public en otage. Le public vient pour s’amuser pas pour les prendre en otage
dans une guerre stérile.
Comment vous gérer votre
carrière artistique et la gestion administrative ?
Mais, non pour quoi la
carrière artistique va prendre fin, non Sayon ne va pas faire de concurrence
déloyale aux artistes Guinéen. Les concerts de sayon, ce sont des concerts
essentiellement pour la cause des femmes et à but non lucratif. Vous allez me
retrouver très prochainement pour rendre hommage à Miriam Makeba le 09 novembre
prochain.
C’est dans le but de
récolter le fond pour le grand musicien qui a toujours accompagné Miriam Makeba
en la personne de Papa Kouyaté. De lui rendre hommage par ce que je trouve en
tant que être humain, il est de notre responsabilité. En dehors de mes heures du
bureau, j’ai envi de rendre hommage à PAPA kouyaté, de lui dire que la Guinée
est reconnaissante pour le travail abattu. En tout cas, nous les femmes de
Guinée, nous sommes reconnaissantes de son investissement de la bonne image de
la Guinée qu’il a véhiculé à travers le monde.
A quand la prochaine
sortie de votre album ?
Sortir un album ce n’est
pas tout de suite, j’ai fait sortir le dernier album Yoguetombo. Mais, la
sortie de cet album a coïncidé à ma nomination. J’ai dû reporter la sortie de
mon album pour ne pas déranger. Mais L’album était déjà sorti. Au niveau de
droit auteur c’est important.
Je ne pouvais pas faire
la censure sur l’album par ce que je suis à un poste. Il faut que les guinéens
comprennent que les postes stratégiques ne sont pas des postes à durée
indéterminée. Il faut qu’on accepte de partir quand on nous dit de partir.
Votre mot de la fin ?
Mes mots de la fin sont
pour la femme, qui ont des rêves et qui au droit de les réaliser, ils sont pour
la femme qui peut répondre les hommes avec le respect sans pour autant les
manquer par des propos vulgaires. Comme, nous mères l’ont été. Il est important
que la femme prenne sa place, ait le courage de garder ses objectifs et de ne
pas rester dans des considérations.
Oui, mais je suis une
femme dès lors qu’on commence à dire, je suis une femme on est déjà dans
l’injustice et ce n’est pas normal il faut que les femmes en soient conscientes
et se battent pour sortir de cette situation.
Interview réalisée par
Alseny Camara







0 commentaires:
Enregistrer un commentaire