Le Journal L'INDEXEUR

Le Journal L'INDEXEUR

vendredi 13 octobre 2017

Interview avec Sayon Bamba, Directrice Générale de l’Agence Guinéenne de spectacles

Notre reporter a été reçu par la Directrice Générale de l’Agence Guinéenne de spectacles, Sayon Bamba. Les enjeux liés à la  culture guinéenne, aux spectacles, le rapport entre l’agence et les promoteurs culturels guinéens, les mesures adéquates pour sécuriser les spectacles en Guinée et autres ont été évoqués lors de cet entretien. Lisez l’intégralité de cette interview…..

L’indexeur: Bonjour madame, dites-nous depuis votre arrivée, qu’est-ce qui a été fait par votre équipe ?

Sayon Bamba : Depuis notre arrivée à la tête de cette direction, nous avons trouvé une certaine présence physique des travailleurs, un certain nombre de dossiers à traiter, un savoir-faire aussi qui était en place. Même, il fallait réactualiser cette approche de spectacle vivant, la rajuster pour qu’il soit le plus efficace possible dans le contexte guinéen. Donc, nous avons visité beaucoup de documents, prendre des exemples dans les autres pays. 

Donc, nous avons fait un mixte entre ce qui est bon en Guinée et le faire compléter par ce qui est bon dans les autres pays à travers le monde. Nous avons rajusté le cadre règlementaire de l’Agence guinéenne de spectacle et nous collaborons avec beaucoup de personnes. L’Agence en ce moment a aussi un accord intéressant sur le côté promotionnel des artistes guinéens. 

Par ce qu’on a des missions de règlementer qui était une charge très lourde. Mais aussi la mission de promouvoir des artistes qui sont dans une attente, qui ont envie que leurs spectacles voyage à travers le monde. Notre ministère a été très clair, le ministre actuel de la culture Gbantama SOW aimerait des résultats, vous savez il est très dynamique sur le terrain, donc il nous exhorte à plus d’efficacité et d’attention sur le côté promotionnel des artistes. 

Il soutient d’ailleurs un projet de l’Agence Guinéen de Spectacle qui va être lancé bientôt sur la Télé vox Africa. Qu’à même, c’est beaucoup d’avancé. Nous allons donc à partir du mois de février 2018, être à l’antenne pour faire des brayes  ou nos artistes vont pouvoir vendre leur image et justement montrer de quoi ils sont capables, afin de créer l’émulation et la demande.

Beaucoup d’efforts ont été consentis, mais la culture reste toujours parents pauvres des autres, qu’est-ce qu’explique cela ?

Bien vrai, nous disons que la culture est un parent pauvre, nous essayons tant bien que mal de remonter cette pente .Cette culture guinéenne a des acquis aujourd’hui, on est en train de voir cela. Le Président de la République Alpha Condé a donné un certain montant pour l’assurance vie pour tous les artistes, qui seraient enregistrés ou qui viendraient solliciter ce geste. C’est-à-dire au-delà de demander de l’aide à chaque fois qu’on a de problèmes. 

Il était important pour le Président de la république et les responsables du département de la culture de donner un confort à ces artistes. Par ce qu’un artiste qui ne peut pas se soigner, est un artiste à moins que nous comptons. Donc par rapport à cela, l’Agence fait aussi sa petite part

l faut savoir aussi que chacun fasse sa dense, mais toutes ses denses isolées vont dans une même fosse commune par ce que c’est la même dynamique de relever le niveau des spectacles vivants, de la culture et sport en tout cas, il faut qu’il y ait de l’émulation dans ce secteur pour les artistes guinéens. Ce parent pauvre devrait être le parent le plus riche par ce que c’est une valeur sûre pour le progrès et le développement de ce pays.

Il n’y a pas mal de promoteurs culturels en Guinée, quel rapport   vous lie?

Il y’a très bon rapport qui nous lie, nous sommes là pour réglementer mais les promoteurs   n’aiment pas forcement la réglementation. Vous savez qui dit réglementation, dit certaines obligations, ayant l’expérience des Hommes dans cette profession. 

Ce qui est important, c’est de garder le cap, de rester exigent par rapport au cadre réglementaire pour organiser des spectacles. Par ce que quand on organise un spectacle, on est responsable de la vie des artistes qui jouent, des investissements du propriétaire du lieu, on est doublement responsable de la vie du public, par ce qu’il n’a rien demandé, si ce n’est que de passer un bon moment.

Pour que tous ces facteurs soient menés à bien, il est important de rester carrer et serein, pas méchant par ce qu’on est là pour les aider à organiser des spectacles. Le but de l’Agence guinéenne de spectacle n’est pas d’empêcher les événements d’avoir lieu, c’est de faire en sorte qu’il y ait des spectacles qui se passent dans des bonnes conditions. 

Alors, ce n’est pas toujours compris par certains promoteurs, mais beaucoup l’ont compris et ils se conforment au cahier charge sécuritaire que nous avons mis en place. Je vais toucher du doigt, sauf par surprise mais le risque zéro n’existe pas dans l’organisation d’un spectacle.

Pour l’instant ça se passe bien, nous arrivons à des grands spectacles qui sont prévus, des plateaux télés. Toutes les dispositions sécuritaires sont prises pour ces spectacles là et nous ne n’égalisons aucun détail. 

Mes agents vont assister aux réunions de sécurité, ils ont le cahier de charge .Au début, c’est moi qui allait par ce qu’il fallait qu’ils aient la formation et la méthodologie. Maintenant qu’ils sont prêts, j’estime qu’ils peuvent assister à ces réunions de sécurité sans problème et ils pourront me faire remonter.

Pour les récidivistes, quelles sanctions faut- il prendre contre eux ?

Il y’a des sanctions, on a  la possibilité de suspendre ce promoteur-là, d’une année ou plusieurs, des décisions peuvent aussi venir de mon département en fonction de la gravité de la situation. A notre niveau, nous sanctionnons au niveau des spectacles vivants.
 Mais s’il y a danger et que cela est prouvé par le pénal. Nous, on se limite dans le cadre de notre compétence au niveau de l’organisation des spectacles. Si les choses ne passent pas dans les bonnes conditions nous pouvons intervenir.

Quelles sont vos difficultés depuis votre arrivé ?

Tout le monde rencontre des difficultés dans toutes les branches administratives de la République de Guinée. On est dans un pays où le jeune de la rue veut tout temps du changement sans pourtant quitter les places publiques qu’ils occupent. Ils veulent que ça change, mais eux ne veulent pas changer. Si c’est comme cela, c’est difficile. On aime ou pas, il y a eu de renouveau en Guinée, de l’espoir.

Tout n’est pas encore fait par ce que nous revenons de loin. Mais il y a eu de grande avancée qui est en train de se faire. Il faut se dire la vérité que ce n’est pas facile, en Guinée il y’a plusieurs cas, mais le cas qui intéresse, c’est le cas de ceux qu’ils veulent que ça échoue. 

Moi je me dis quand on aime la Guinée, il faut soutenir des projets innovants qui donnent la vie à la Guinée, qui fait avancer le pays. Quand on prendra le relais d’une chose on peut grossir la chose. 

Quelles valeurs, avons-nous si nous héritons de quelque chose qui n’a aucune valeur c’est une question à se poser. Donc, ce n’est pas facile tous les jours l’administration. Mais, il y a des cadres qui se battent dans ce pays, tout n’est pas perdu, il y’a encore de l’espoir dans ce pays.

Quels sont vos perspectives pour l’année 2018 ?

Oui, je vous ai parlé de notre projet innovant, nous avons envie de rajuster le texte de réglementation de spectacles vivants pour avoir de nouvelle version 2018. Une fois que cela est fait, c’est des acquis, mais nous ne devons pas oublier que ces promoteurs investissent sur des artistes qui souvent ne tournent pas, donc il n’y a pas de retour d’investissement. 

Par rapport au spectacle vivant qui est une animation, l’émulation dans le bon sens du terme, il est important que l’Agence Guinéenne des spectacles prenne ses responsabilités pour aider la promotion de nos artistes.

Pour cela, nous avons le projet ‘’Guinée a avant tout’’ c’est un projet qui va promouvoir les artistes. Les gens pensent que le spectacle vivant c’est de la musique au palais du peuple ou des concerts c’est tout.

Mais le spectacle vivant est beaucoup plus riche et diversifié .Il y a la musique, le théâtre, la dense, art graphique, les projections, beaucoup de chose qui rentrent en ligne de compte.
Pour cela, nous avons mis en place un projet qui va d’identifier certains acteurs de cette branche et même faire de reportage de 10 minutes. La grande chance, la Télé vox africa est intéressée par ce projet .Avec l’aval de mon ministère nous sommes en train de démarrer ce projet de grande envergure.

Le rôle d’un artiste c’est éduqué, mais en Guinée, c’est le contraire, quelle sanction prendrez vous contre ce type d’artistes?

C’est vrai qu’il y a des artistes qui oublient leur mission. Pour cela, je ne sais pas  ce que la loi guinéenne a prévu dans ce sens. Nous, dans notre texte c’est très clair, nous ne pouvons pas agir pendant qu’ils sont entrain de presser leurs CD. Ce n’est pas de notre compétence. Ça relève de droit d’auteur. Nous ne pouvons intervenir c’est quand, ils ont des propos déplacés sur scène. 

L’Agence guinéenne ne tolère pas, nous sanctionnons ce type d’artiste. Quand nous sanctionnons, les gens vont dire que la directrice est aigris contre tel artiste par ce qu’il marche plus que moi. Nous sommes responsables de l’image de ce pays. Nous ne pouvons pas attiser la haine ou favoriser l’injustice ou encore casser ou piller notre pays. C’est notre bien le plus précieux.

 Moi, dans l’exercice de mes fonctions de directrice, je me suis engagée à suivre la loi par ce que tout simplement je suis assermentée pour pouvoir faire les choses biens. Si, un artiste se retrouve à chanter de n’importe quoi en live, nos agents qui sont en observation vont nous remonter l’information, nous verbalisons l’artistes. 

Si l’artiste est récidiviste, on bloque le spectacle vivant de l’artiste jusqu’il comprenne que l’expression scénique n’est pas un endroit de régler les comptes pour prendre le public en otage. Le public vient pour s’amuser pas pour les prendre en otage dans une guerre stérile.

Comment vous gérer votre carrière artistique et la gestion administrative ?

Mais, non pour quoi la carrière artistique va prendre fin, non Sayon ne va pas faire de concurrence déloyale aux artistes Guinéen. Les concerts de sayon, ce sont des concerts essentiellement pour la cause des femmes et à but non lucratif. Vous allez me retrouver très prochainement pour rendre hommage à Miriam Makeba le 09 novembre prochain.

C’est dans le but de récolter le fond pour le grand musicien qui a toujours accompagné Miriam Makeba en la personne de Papa Kouyaté. De lui rendre hommage par ce que je trouve en tant que être humain, il est de notre responsabilité. En dehors de mes heures du bureau, j’ai envi de rendre hommage à PAPA kouyaté, de lui dire que la Guinée est reconnaissante pour le travail abattu. En tout cas, nous les femmes de Guinée, nous sommes reconnaissantes de son investissement de la bonne image de la Guinée qu’il a véhiculé à travers le monde.

A quand la prochaine sortie de votre album ?

Sortir un album ce n’est pas tout de suite, j’ai fait sortir le dernier album Yoguetombo. Mais, la sortie de cet album a coïncidé à ma nomination. J’ai dû reporter la sortie de mon album pour ne pas déranger. Mais L’album était déjà sorti. Au niveau de droit auteur c’est important. 

Je ne pouvais pas faire la censure sur l’album par ce que je suis à un poste. Il faut que les guinéens comprennent que les postes stratégiques ne sont pas des postes à durée indéterminée. Il faut qu’on accepte de partir quand on nous dit de partir.

Votre mot de la fin ?

Mes mots de la fin sont pour la femme, qui ont des rêves et qui au droit de les réaliser, ils sont pour la femme qui peut répondre les hommes avec le respect sans pour autant les manquer par des propos vulgaires. Comme, nous mères l’ont été. Il est important que la femme prenne sa place, ait le courage de garder ses objectifs et de ne pas rester dans des considérations. 

Oui, mais je suis une femme dès lors qu’on commence à dire, je suis une femme on est déjà dans l’injustice et ce n’est pas normal il faut que les femmes en soient conscientes et se battent pour sortir de cette situation.

Interview réalisée par Alseny Camara

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Publicité

Publicité