YAOUNDE, 7 octobre 2018.
Après avoir glissé son bulletin de vote dans une urne à Yaoundé, la capitale du
Cameroun, le président sortant Paul Biya a exprimé sa "satisfaction"
quant au déroulement de l'élection présidentielle.
"Je suis habité par un
sentiment de satisfaction du devoir accompli (...) Cela représente pour moi
aussi une grande satisfaction si je suis élu", a indiqué à la presse M.
Biya à la sortie d'un bureau de vote accompagné de son épouse Chantal Biya.
"Je vois que les
choses vont bien, il n'y a pas de bagarre", a dit le président âgé de 85
ans, dont 35 ans au pouvoir.
Or, l'avis de M. Biya n'est
pas partagé par son principal adversaire, Joshua Oish, du parti leader
d'opposition Social democratic front (SDF).
"Les informations que
nous avons depuis ce matin du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont plus ou moins
alarmantes", a dit M. Osih devant la presse dans un bureau de vote à
Douala, la capitale économique du pays. Il a évoqué d'ailleurs "la guerre
civile dans laquelle nous sommes".
La minorité anglophone, qui
vit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, représente 20% de la
population nationale. Depuis deux ans, les deux régions protestent contre ce
qu'elles jugent la marginalisation vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé, ont fait
remarquer des observateurs locaux.
Les plus radicaux sont
devenus depuis octobre dernier des sécessionnistes armés. Les affrontements armés
entre les forces de sécurité camerounaises et ces séparatistes, désormais
considérés par le gouvernement comme des terroristes, ont provoqué de lourdes
pertes humaines et fait des milliers de déplacés.
Dans son programme en dix
points, M. Biya a placé en tête le bien-être du peuple, le maintien de la paix,
et l'unité nationale. M. Osih a de son côté fait part de sa volonté de
"réinviter" le Cameroun en introduisant notamment le fédéralisme en
guise de réponse à la crise anglophone.
A ce jour de scrutin où
près de 6,6 millions d'électeurs se rendent aux urnes jusqu'à 18h00, les
frontières nationales sont fermées, les circulations des biens et des
personnes, ainsi que les activités commerciales sont interdites dans toute
l'étendue territoriale.
Dans sa page facebook,
l'armée camerounaise a déclaré avoir déjoué une tentative des séparatistes
d'incendier un bureau de vote dans la banlieue de Bamenda, capitale du
Nord-Ouest. Au Sud-Ouest, dans le chef-lieu Buea, un véhicule de la presse
d'Etat Cameroon Tribune a été attaqué sans faire de victimes, a affirmé à
Xinhua un journaliste local sur place.
Selon la loi électorale,
les résultats doivent être annoncés dans les 15 jours suivant le scrutin.
Source : Xinhua







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