CONAKRY-Que
fera l’opposition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième
mandat ? Alors que le chef de la majorité présidentielle prévient que la
constitution actuelle donne le droit au Chef de l’Etat de faire un référendum
constitutionnel, Ousmane Gaoual Diallo vient de trancher. Pour le député de
l’opposition, même si le Président Alpha Condé modifiait la Constitution, il ne
pourra pas briguer un troisième mandat. Dans cet entretien, le coordinateur de
la cellule de la cellule de communication de l’UFDG s’est également prononcé
sur la décision du Gouvernement de suspendre l’installation des élus locaux
jusqu’à nouvel ordre.
AFRICAGUINEE.COM : Le
Ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation a suspendu
jusqu’à nouvel ordre l’installation des élus locaux. Comment réagissez-vous
face à cette décision ?
OUSMANE GAOUAL DIALLO : Par endroit le processus se
poursuit. En tout cas c’est ce qu’on nous fait croire à Gaoual ici où on nous a
convoqué pour l’installation à la commune de Gaoual, on ne sait pas donc si
cette décision est valable pour tout le pays ou pas. En tout état de cause,
cela montre tout le disfonctionnement de l’appareil de l’Etat. Ça veut dire
qu’en Guinée, il n’y a pas d’institution fiable. C’est extrêmement grave. Ça
explique aussi la déroute prévisible du parti au Pouvoir.
Ils veulent probablement donner
des instructions dans le sens de travestir les résultats que les guinéens
veulent donner en sanctionnant ce pouvoir par rapport aux promesses non tenues,
à son incompétence et aux violences exercées sur l’ensemble des corps sociaux
politiques de notre pays et la privation des libertés fondamentales. C’est
quelque chose qui n’est pas acceptable.
Comment expliquez-vous la défaite de l’UFDG à la mairie de
Dinguiraye qui était l’un de ses bastions depuis au temps de feu doyen Bâ
Mamadou ?
Les
divisions au sein de notre fédération ont conduit à cette situation
inédite ! Mais il n’y a pas péril en la demeure. Je pense que la citadelle
de Dinguiraye est à la disposition de l’UFDG. Mais les divisions au sein de la
fédération ont conduit à la création de deux factions, sinon on aurait pu
remporter cette circonscription haut-la-main. Mais il y a eu deux factions
qu’on n’a pas pu concilier. Ce qui nous a mis dans un conflit qui a dépassé la
possibilité du parti de ramener les uns et les autres à la raison. Mais nous ne
perdons pas l’espoir de retrouver nos positons dans cette localité.
L’accord politique a du mal à être appliqué sur le terrain. A
Kindia l’installation du maire Abdoulaye Bah été reportée sine-die à cause des
tensions qui prévalaient dans la ville. A quoi peut-on s’attendre ?
L’accord
politique tel qu’il a été stipulé demandait le désistement d’un camp au profit
d’un autre. Ce qu’on a respecté à Dubreka. Nous attendons que le RPG respecte
de la même manière. Le désistement est simple. Soit vous soutenez pour
renforcer le candidat pour lequel vous vous êtes désistés, soit vous vous
abstenez au vote. Dans l’un ou l’autre des cas, la conséquence va être la
consécration de l’autre parti. Si vous entravez à ça, c’est une indication
claire sur ce qui doit être nos rapports dans l’avenir avec le RPG.
A Guéasso nous avons appris qu’au mépris de l’accord sur le
contentieux, c’est le candidat du RPG qui a été installé dans les fonctions de
maire alors que ce poste devrait revenir à l’opposition. N’est-ce pas là un
mauvais signe de ce qui pourrait advenir demain dans d’autres communes ?
Tout ceci ne concoure pas
au dialogue politique et ça ne conforte pas à l’amélioration des rapports entre
les partis politiques dans ce pays. Lorsqu’on signe des accords, on prend des
engagements, on doit s’astreindre à les respecter, autrement, on expose la paix
sociale en Guinée à des difficultés dans l’avenir qui seront difficiles à gérer.
Justement comment faire respecter cet accord qui est décrié à
certains endroits ?
Non,
il n’est pas décrié. De toute façon les protagonistes qui sont convenus sur cet
accord, doivent scrupuleusement le respecter.
Honorable Damaro accuse Cellou Dalein Diallo d’avoir commis une
faute « impardonnable » en appelant au boycott des festivités de l’an
60 de l’indépendance de la Guinée. Que lui répondez-vous ?
Je
ne sais pas ce qu’il entend par faute impardonnable. Mais d’abord, ils ne sont
pas là pour absoudre les gens ou pour qualifier leur comportement. Je pense que
Cellou Dalein a été extrêmement bien avisé pour boycotter un stade qui a été le
siège de crimes contre l’humanité auxquels notre pays a été exposé.
Le fait de refuser d’assister à
un spectacle ou de voir des militaires armés défiler dans ce stade, c’est un
souvenir extrêmement douloureux pour le peuple de Guinée. Nous respectons cela.
Peut-être que Damaro cherche juste à enflammer une polémique parce que d’autres
sujets plus importants attendent les guinéens.
Parlant de la Crise à la Cour Constitutionnelle, il déclare que la
Constitution actuelle donne le droit au Président Alpha Condé de soumettre une
nouvelle Constitution au peuple à travers un référendum. Est-ce que cela ne
vous inquiète pas ?
Ça
ne nous inquiète pas du tout. Que les Lois donnent au Chef de l’Etat de faire
un référendum constitutionnel en Guinée, cela ne nous dérange pas. Nous disons
que lui (Alpha Condé, ndlr) ne fera pas un troisième mandat. Cela doit être
clair dans la mesure où il a juré à deux fois sur une Constitution qui limite à
deux le nombre de mandat. On ne saurait revenir sur ça. Il a prêté serment de
respecter une Loi qui lui interdit de briguer un troisième mandat. Ce serment
sera respecté.
Source : Africaguinee.com







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