Le
continent africain accueille 30% de l'ensemble des populations relevant de la
compétence du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Un chiffre
alarmant et en constante augmentation depuis 2011.
Car il ne faut pas l'oublier : avant d'être un lieu de départ pour
une partie de la jeunesse qui cherche à rejoindre l'Europe par les routes les
plus dangereuses, l'Afrique est avant tout un immense lieu d'accueil pour les
fugitifs et les déplacés du Sud. Le point sur la situation.
On sait qu'en
Afrique, obtenir un visa pour un pays européen est une gageure. A titre
d'exemple, sur les 80 millions de touristes qui entrent en France chaque année,
ils sont seulement 2 millions à être originaires d'Afrique. Or, en cinq ans, le
nombre de déplacés et d'apatrides sur le continent a doublé. Ils étaient 10
millions en 2006, ils sont plus de 20 millions cette année.
Parmi eux, plus
du quart sont des réfugiés et demandeurs d'asile éligibles à la protection
internationale et plus de la moitié sont des déplacés internes au continent. De
cette immense population s'échappent vers donc l'Europe plusieurs centaines de
milliers de personnes.
A l'Ouest, le passage
vers l'Espagne par l'Algérie, puis le Maroc, est toujours ouvert, bien sûr,
mais plus difficile : les refoulements sont fréquents, les contrôles policiers
renforcés, la présence de groupes jihadistes aussi. Et aux frontières des
enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, les barrières sont plus difficiles à
franchir que jamais.
La route la
plus empruntée est connue : via le Mali, l'Algérie, le Niger pour les exilés
d'Afrique de l'Ouest, et parfois d’Afrique Centrale. Via l'Ethiopie ou le
Soudan pour ceux d'Afrique de l'Est. En ligne de mire : la Libye, ou plutôt
l'enfer libyen, la route la plus courte - et la plus dangereuse - vers les eaux
internationales, et le secours hypothétique de bateaux européens.
Source : RFI







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