Donald Trump a signé, enfin, la reconnaissance
de Jérusalem comme capitale d’Israël, coupant ainsi court à des
procrastinations et tergiversations qui n’en finissaient plus depuis plus d’un
demi-siècle.
Décision
audacieuse ou téméraire ? On ne saurait le dire avec exactitude. Donald Trump a
fait tellement de promesses de campagne qui sont restées lettres mortes qu’il
lui fallait prendre le taureau par les cornes. La conjoncture lui permet, en ce
moment.
En
effet, le Proche-Orient n’est pas encore sorti de l’ornière. Le guerre en Syrie
et en Irak n’est pas complètement terminée que voilà un autre foyer en train de
s’embraser au Yémen, qui, s’il s’enflamme, risquerait d’impliquer le Liban,
l’Arabie Saoudite, la Syrie et l’Iran. Dans une telle éventualité, Israëliens
et les Palestiniens resteraient difficilement à l’écart de la mêlée. Et dans un
tel cas encore, la division entre le Fatah et le Hamas risquerait de se taire
face à l’ennemi commun : Israël.
Voilà la
composition des poules, vue de loin, des chaudes empoignades sont en vue. Mais
il faut envisager le tableau autrement. La reconnaissance théorique, dans un
registre que Donald Trump a ostensiblement exhibé et montré au monde entier,
n’est que pour la forme, si on en juge aux réactions tempérées et aux
exhibitions modérées des Palestiniens et des Israéliens, hormis la réaction de
la Turquie.
On ne sait
pas ce que la diplomatie a joué dans le sens de l’apaisement avant, pendant et
après la publication de la décision de la Maison Blanche. Si rien n’a été
entrepris en coulisses, c’est que ceux qui ont des raisons de s’insurger voient
en cette reconnaissance théorique une sorte de poudre aux yeux pour combler
certaines promesses de campagne, et certains analystes sont d’avis aussi que la
décision prise par Trump n’est pas d’exécution immédiate, peut-être même
qu’elle ne sera pas appliquée sous le mandat de l’actuel président.
Si tel est encore le cas, il n’est pas
probable que celui qui le succèdera à la Maison Blanche l’applique, parce que
Jérusalem, ne pourra jamais être un autre Berlin au troisième millénaire, les
choses sont différentes à l’extrême. La vie serait deux ou trois fois
intenable. On a vu la marche-arrière du pape, lors de sa visite en Birmanie.
La deuxième
raison de dire que le reconnaissance ne se matérialisera pas est que, Jérusalem,
capitale d’Israël signifie qu’elle sera la capitale diplomatique de l’Etat
hébreux ; or, un ballet de déménagements diplomatiques sera improbable d’autant
que beaucoup d’Etats du monde redouteraient de se mettre en porte-à-faux avec
les pays arabes qui soutiennent la Palestine, mais aussi et surtout à cause des
risques d’une telle entreprise. Déjà que beaucoup ne soutiennent pas cette
reconnaissance unilatérale de Donald Trump.
Si Trump a
signé la reconnaissance de Jérusalem, il n’a pas dit quand l’ambassade des USA
va prendre quartier, de quel côté de Jérusalem. Mais que l’on ne s’y méprenne,
par un coup de mule, Trump est capable de donner le coup d’envoi dans la
fourmilière, c’est ce qui serait irrémédiable pour la sécurité dans le monde.
Comme on peut
l’entrevoir en filigrane, Trump a coupé court aux tergiversations, mais
l’application sera longue. Y a-t-il de quoi fouetter un chat ?
Source :
guineenews.org







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