Selon les informations recueillies, des éléments de la gendarmerie nationale se seraient rendus dans la nuit du lundi 22 juin 2026 au domicile de la famille Barry, situé au quartier Hamdallaye, dans la commune de Ratoma. Au cours de cette opération, le jeune Amadou Barry, frère d’Alpha Mamadou Barry, aurait été interpellé et conduit vers une destination inconnue. Pour l’heure, les raisons exactes de cette intervention restent inconnues. La famille affirme ne disposer d’aucune information officielle sur le lieu où se trouverait le jeune homme.
Les tensions entre cette famille et les autorités actuelles remontent à 2022, quelques mois après l’arrivée au pouvoir du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), à la suite du coup d’État du 5 septembre 2021. Dans le cadre d’une initiative visant à réhabiliter la mémoire des figures historiques de la Guinée, la famille de Barry Diawadou, ancien député à l’Assemblée française, ambassadeur de Guinée en Égypte et premier ministre de l’Éducation de la Guinée indépendante, avait été invitée à une rencontre avec le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya.
Cette invitation, transmise par le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat de l’époque, également porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, avait cependant été déclinée par la famille Barry, qui y voyait une tentative de récupération politique. À cette période, Ousmane Gaoual Diallo, ancien coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG, avait quitté cette formation politique pour rejoindre les autorités de la transition. Un départ qui avait provoqué de nombreuses réactions dans les rangs du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo.
La situation s’était davantage tendue après la démolition du domicile du président de l’UFDG à Dixinn, remplacé par une école baptisée au nom de Barry Diawadou en octobre 2022. Une décision contestée par la famille, qui estimait ne pas avoir donné son accord à cette initiative. Face à cette situation, Alpha Mamadou Barry, alors très critique envers la junte notamment après les enlèvements dénoncés de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, avait publié un communiqué dans lequel il dénonçait cette démarche et déclarait la famille Barry Diawadou non associée à cette initiative.
Ce communiqué avait suscité une vive polémique dans le pays. Des journalistes, dont Ismaël et Moussa Camara, avaient notamment été sanctionnés par la Haute Autorité de la Communication (HAC) après avoir commenté ce texte dans leur émission « Il faut qu’on en parle », au cours de laquelle ils avaient critiqué l’attitude du gouvernement. Cette sortie d’Alpha Mamadou Barry aurait été perçue par certains responsables comme une attaque directe contre les autorités, notamment contre Ousmane Gaoual Diallo, considéré par la famille comme l’un des acteurs majeurs de cette affaire.
Selon les proches, les pressions se seraient intensifiées à partir de novembre 2022. Amadou Barry aurait notamment vu son admission avec la mention « excellent » au concours d’accès à la fonction publique annulée, une décision que sa famille considère comme liée à ses opinions politiques. Dans le même temps, le dossier de leur ancienne résidence située au quartier Minière, présentée par les autorités comme un domaine appartenant à l’État, aurait également alimenté les tensions.
Face aux menaces qu’ils disent avoir reçues, deux frères d’Alpha Mamadou Barry auraient quitté la Guinée en décembre 2022 pour se réfugier au Liberia. Peu après leur départ, leur cousin ibrahima aurait été arrêté et détenu pendant 5 mois lors d’une manifestation organisée à Hamdallaye autour de la question du manque d’électricité. Intervenant sur la situation, le professeur Boubacar, enseignant-chercheur à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry et oncle des jeunes concernés, a condamné ce qu’il qualifie d’enlèvement de son neveu.
Il a également mis en cause la responsabilité des autorités, notamment le ministre Ousmane Gaoual Diallo et le commandant de la gendarmerie régionale de Conakry, le général de brigade Aguibou Tall, qu’il accuse d’avoir été à l’origine des menaces ayant poussé ses neveux à quitter le pays. Alors que la famille Barry réclame des explications sur le sort d’Amadou Barry, cette nouvelle affaire relance le débat sur les interpellations controversées dénoncées depuis plusieurs mois par des proches d’opposants et d’acteurs de la société.
Alhassane Camara







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